Abbé

ABBE, c’est-à-dite « père », du mot hébreu « ab », d’où les Chaldéens et les Syriens ont fait « abba », et les Grecs « abbas ». Quand les monastères devinrent nombreux, les principaux furent seuls gouvernés par des abbés, et les autres par des prieurs. Dès le VIIe siècle, les abbés jouèrent un rôle important, même dans la société laïque. Quelques-uns portèrent la crosse et la mitre, et l’on en vit souvent combattre à côté des évèques dans les armées féodales. De très bonne heure on distingua les abbés en réguliers et commendataires. Les premiers, soumis à la règle de leur ordre, gouvernaient et administraient les monastères au spirituel comme au temporel. Les autres étaient des prêtres séculiers, des clercs, ou même des laïques tonsurés, qui devaient recevoir les ordres dans l’année, mais qui se soumettaient rarement à cette condition. Ils avaient les mêmes droits honorifiques et temporels que les abbés réguliers, mais sans aucun droit spirituel. L’abus des commendes fut surtout sensible en France après le Concordat de 1516, qui attribuait au roi la nomination aux abbayes. Au XVIIe siècle, et plus encore au XVIIIe , beaucoup de jeunes clercs ayant reçu seulement la tonsure et portant le costume des ecclésiastiques se faisaient appeler M. l’abbé, en attendant les bénéfices qu’ils espéraient obtenir.

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