Colin-Maillard

Jeu de colin-maillard
Jeu de colin-maillard
Jeu de colin-maillard
Jeu de colin-maillard

On fait remonter l’origine de ce jeu si connu à un certain Jean Coly ou Colin, guerrier du pays de Liège, qui avait pris le nom de Maillard, parce que, dans les combats, il se servait de préférence d’un maillet, arme qui devenait terrible dans ses mains. Ses exploits furent tels que le roi Robert le reçut chevalier en 999. On raconte que, dans la dernière bataille où il se montra et qui était livrée à un comte de Louvain, il eut les deux yeux crevés, mais que, guidé par ses écuyers, il ne cessa point de porter des coups tant que dura l’affaire et fit un grand carnage de ses adversaires. Depuis lors les soldats inventèrent un exercice dans lequel les tenants devaient avoir les yeux bandés, il fut la passion de Gustave-Adolphe, et le jeu de colin-maillard passa des camps dans toutes les classes de la société et dans tous les pays. En Amérique, un jeu analogue présidait naguère à une coutume barbare.

Le capitaine J. .Meares raconte qu’à Nootka on sacrifiait, à de certaines époques, des esclaves qui servaient à la nourriture de leurs maîtres. Lorsque le jour fatal était arrivé, on rassemblait bon nombre de ces malheureux dans la maison du chef, qui en prenait un pour être mangé par lui et ses convives. Voici comment on procédait à cette exécution : d’abord les chefs d’un rang inférieur, invités au festin, entonnaient leur chant de guerre et exécutaient des danses autour d’un feu qu’ils entretenaient en y jetant de l’huile, on attachait ensuite un bandeau sur les yeux du chef, et ainsi couvert il devait saisir un esclave. L’activité qu’il apportait à poursuivre, et les mouvements mêlés de terreur que faisaient ceux qui cherchaient à lui échapper formaient la scène principale de cet horrible drame. Dès que le chef avait attrapé une victime , elle était dépecée et distribuée aux convives.

Source: Encyclopedie du dix-neuvieme siecle – 1846

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